Chronologie
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1918
dans notre
domaine est courte mais spectaculaire, puisqu'elle débute
le 12 novembre (lendemain de l'armistice) avec la première
de "Phi-Phi",
de Henri CHRISTINÉ, pièce fondatrice du genre. Symptomatiquement,
la seule autre pièce créée en cette fin d'année 1918 est
une reprise d'un des auteurs les plus importants de l'avant-guerre
: Claude TERRASSE. A ce moment, on représentait encore
à Paris plusieurs oeuvres créées peu avant l'armistice :
"La Reine joyeuse" de Charles CUVILLIER, "La Dame
de Monte-Carlo" de Germaine RAYNAL, et plusieurs
reprises de classiques du siècle passé.
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1919
est une année
creuse pour ce qui nous intéresse, malgré un nombre élevé
de créations (20). Le seul succès un peu marquant de l'année
est "La
folle escapade" d'Octave CREMIEUX, auteur
mieux connu avant guerre pour ses valses. On peut cependant
noter la présence de compositeurs, tous déjà présent
avant guerre, mais qui feront encore parler
d'eux plus tard : Tiarko RICHEPIN, Albert CHANTRIER,
Marcel LATTÈS, Henri GOUBLIER fils
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1920
est encore
une année creuse, avec seulement 12 créations et deux titres
intéressants : "Flup",
de Joseph SZULC (mais c'est la version remaniée d'une
pièce jouée à Bruxelles en 1914), et "Titin",
une nouveauté du même SZULC, en fin d'année. On note
tout de même la présence de Vincent SCOTTO et de
Henri HIRCHMANN nouvelle manière.
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1921
sera l'année de "Dédé",
comme 1918 avait été l'année de "Phi-Phi",
des mêmes auteurs. En attendant cet immense succès, le début
de l'année est un peu terne avec seulement deux titres à
succès : "La
petite fonctionnaire" d'André MESSAGER
et "Le
Mariage d'un Tartarin" d'Henri GOUBLIER fils.
1921 marque aussi le retour de Charles CUVILLIER
et les débuts de Victor ALIX.
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1922
commence dans
la nouveauté avec le retour de Marcel LATTÈS ("Monsieur
l'Amour", ses oeuvres précédentes étaient des
reprises), le premier succès de Victor ALIX ("You-
You"), les débuts de René MERCIER ("Les
Fifilles de Loth") et plusieurs créations de
Charles CUVILLIER (dont la plus intéressante est
"Nonnette").
Mais le gros triomphe de l'année, c'est celui d'un nouvel
auteur qui va bientôt faire parler de lui : "Ta
bouche" de Maurice YVAIN.
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1923
c'est avant
tout l'année de "Là-haut"
de Maurice YVAIN, un second triomphe moins
d'un an après "Ta
bouche". En décembre, le même compositeur aura
cependant moins de succès avec "La
Dame en décolleté", pourtant plus ambitieuse
musicalement.
1923, c'est aussi l'année des premiers succès de René
MERCIER, avec un triomphe personnel dans une oeuvre
collective, "J'te
veux" (qui est aussi la première apparition
de Gaston GABAROCHE) et aussi "Benjamin".
C'est aussi le gros succès de l'avant-dernière pièce d'Edouard
MATHÉ, "Les
Linottes" d'après Courteline. C'est encore "Ciboulette"
de Reynaldo HAHN, portée aux nues par les adversaires
de la musique "américaine" opposés au jazz dans l'opérette.
C'est enfin la troisième pièce d'Henri CHRISTINÉ,
succès moindre cependant que ses deux précédentes : "Madame".
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1924
c'est encore
Maurice YVAIN, avec un des deux gros succès de l'année
: "Gosse
de riche". Mais c'est surtout l'arrivée d'un
compositeur nouveau, très marqué par les débuts du jazz
en France, Raoul MORETTI. D'abord un succès d'estime
en début d'année, avec "En
chemyse" (l'histoire des bourgeois de Calais
revue de façon surréaliste par l'humoriste Cami - déjà auteur
de "L'Etroit mousquetaire" ! - en vieux français de cuisine,
vite retirée de l'affiche suite à une plainte de la ville
de Calais !), plus net en fin d'année avec "Troublez-moi".
A noter que les deux pièces sont interprétées par Dranem
qui va devenir l'acteur fétiche du compositeur : pas moins
de 7 collaborations entre 1924 et 1932 !
Dernier succès de l'année en décembre pour la pièce collective
"Mon
Vieux", pas moins de 6 compositeurs, et pas
des moindres.
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1925
est une année
d'intense production pour tous les compositeurs révélés
depuis la fin de la guerre : Maurice YVAIN ("Pas
sur la bouche", un très gros succès et "Bouche
à bouche", un échec alors que c'est l'une de
ses meilleures et plus copieuses partitions), Henri CHRISTINE
("PLM"
et "J'adore
ça"), Joseph SZULC ("Quand
on est trois" et "Mannequins"),
René MERCIER ("Le
Péché capiteux", un peu en recul sur ses oeuvres
précédentes) et troisième succès, de plus en plus net, de
Raoul MORETTI avec "Trois
jeunes filles nues" (le compositeur devient
spécialiste des procès : la pièce aura des difficulté en
province à cause de son titre provocant !). C'est une année
très "jazz", surtout grâce à Maurice YVAIN et
Raoul MORETTI qui, le premier, lance le charleston en
France.
Ajoutons deux pièces de compositeurs connus dont c'est la
seule incursion dans le genre : "Pépète"
de José PADILLA (l'immortel compositeur de "Valencia"
et autres succès de Mistinguett) et "Riri"
de Charles BOREL-CLERC (le non moins immortel compositeur
du "Petit vin blanc" et auparavant de nombre de chansons
patriotiques en 1914-1918)
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1926
En novembre
et décembre, revoilà Maurice YVAIN ("Un
bon garçon") et Henri CHRISTINE ("J'aime"),
mais le plus gros succès de l'année n'est pas français,
il est américain : c'est "No
No Nanette" de Vincent YOUMANS, créée
6 mois plus tôt seulement à New York. C'est la première
incursion marquante des américains sur les scènes françaises,
qui jusque là n'avaient connu en guise de succès étrangers
que Franz LEHAR et Oscar STRAUS (avant la
guerre). Les compositeurs américains s'étaient jusque là
cantonnés dans les dancings.
Cette même année, Francis Salabert publie "Oh
! Kay !" (en français "Oh
! Kate !") de Georges GERSHWIN, mais
il semble que l'oeuvre n'ait pas été jouée.
Une autre curiosité en fin d'année : la seule pièce connue
de Jean Wiener, fameux à l'époque pour ses duos de
piano jazz avec Clément DOUCET : "Le
Village blanc". Mais ce n'est pas vraiment un
succès...
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1927
Fort du succès
de "No
No Nanette" l'année précédente, la direction
du théâtre Mogador enchaîne sur un autre succès américain
: "Rose-Marie".
Mais autant le premier était d'inspiration véritablement
américaine, autant "Rose-Marie"
puise aux recettes éprouvées de la musique viennoise dont
est issu son compositeur, Rudolf FRIML. Dans les
années suivantes on verra dans le même esprit Sigmund
ROMBERG : musique très lyrique mais un peu lourde, volontiers
mélée de pseudo-folklore, chanteurs à voix, mise en
scène fastueuse qui rélègue la qualité musicale au second
plan. Ce sera malheureusement le genre qui prendra le plus
d'ascendant après l'avènement du cinéma parlant, et surtout
après la guerre de 1939-1945.
En attendant, les jeunes compositeurs français continuent
sur leur lancée, le plus gros succès de l'année étant dû
à Raoul MORETTI, avec "Le
Comte Obligado", dont tout le monde connaît
encore "La Fille du Bédouin" et "Les Artichauts".
Les autres succès de l'année sont le fait de nouveaux compositeurs
qui feront parler d'eux : Georges Van PARYS et
Philippe PARES pour "La
Petite dame du train bleu" et "Lulu".
Gaston GABAROCHE représente sa première oeuvre en
solitaire, "Ketty
Boxeur", Marcel LATTES connaît son premier
vrai succès avec "Le
Diable à Paris", Tiarko RICHEPIN aussi
avec "Venise",
tandis qu'un futur compositeur important apparaît sous un
pseudonyme : Pascal BASTIA, qui signe "Ma
femme" du nom d'Irving PARIS.
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1928
Année de transition,
car les succès de 1927 poursuivent leur carrière. Quatre
oeuvre importantes cependant : "Yes"
de Maurice YVAIN, "L'Eau
à la bouche" de Georges Van PARYS et
Philippe PARES, "Déshabillez-vous"
de René MERCIER et "Coups
de roulis" d'André MESSAGER, dont c'est
la dernière oeuvre.
Plus discrètes, la première oeuvre représentée à Paris d'Henry
VERDUN, un des plus importants compositeurs de musique
de films des années 30 et 40 : "L'Hostellerie
de la vertu", la seconde de Pascal BASTIA
alias Irving PARIS : "Un
joli monsieur", et la seule de Michel Maurice
LEVY, alias Betove : "Pom
Pom"
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1929
Année record
avec 36 nouvelles oeuvres au programme ! Les quatre plus
gros succès de l'année sont "Kadubec"
et surtout "Elle
est à vous" de Maurice YVAIN (avec l'inusable
"Pouet Pouet", pourtant pas le meilleur de la partition
!), qui échoue pourtant avec sa troisième oeuvre de l'année,
"Jean
V" ; "Flossie",
de Joseph SZULC, où deux débutants célèbres se donnent
la réplique : Mireille et Jean GABIN ; "Louis
XIV" de Georges Van PARYS et Philippe
PARES. "Arthur"
de Henri CHRISTINE a un peu moins de réussite, ce
qui va conduire son auteur à quelques années difficiles,
d'autant qu'il ne fait pas non plus partie des pionniers
du cinéma parlant (il ira jusqu'à mener des croisades en
faveur des compositeurs français, lui qui était d'origine
suisse !) avant de se trouver une nouvelle voie en collaboration
avec Tiarko RICHEPIN (voir l'année 1934).
"Showboat",
de l'américain Jerome KERN, va lancer le théâtre
du Châtelet sur la voie des comédies musicales à grand spectacle,
à la suite de Mogador. Musicalement c'est une partition
très supérieure à celles de Rudolf FRIML et Sigmund
ROMBERG.
En 1929 a lieu également la première représentation en France
d'une oeuvre de Georges GERSHWIN : "Tip
Toes", créée fin 1925 à New York. Mais ce n'est
pas un gros succès.
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1930
est la première
année où le cinéma parlant émerge vraiment, malgré quelques
tentatives dès l'année précédente. Les premiers films parlants
sont émaillés de quantité de chansons, d'ailleurs des mêmes
auteurs que les comédies musicales, et font un peu d'ombre
à ces dernières.
On relève cependant quatre succès : "Bégonia",
de René MERCIER, "Enlevez-moi",
de Gaston GABAROCHE, "Sidonie
Panache" de Joseph SZULC et "Six
filles à marier" de Raoul MORETTI. Le
même Raoul MORETTI a d'ailleurs la même année signé
deux autres pièces avec moins de succès : "Rosy",
demi-échec et "Femme
de minuit" (qui comporte pourtant un blues superbe),
échec total, mais aussi les deux tubes de "Sous les
toits de Paris", le premier film parlant de René
CLAIR.
Maurice YVAIN avec "Pépé"
(sa partition la plus mince) et Georges Van PARYS
et Philippe PARES avec "Le
Coeur y est" ont moins de succès.
Enfin, on note la première oeuvre de Guy LAFARGE,
début d'une longue carrière puisqu'elle se poursuivra jusqu'aux
années 80 : "Niquette",
et l'incursion dans le genre de Arthur HONEGGER avec
"Les
Aventures du Roi Pausole" (mais il avait fait
représenter en Suisse, plus tôt dans l'année, "La
Belle de Moudon", d'inspiration nettement plus jazzistique).
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1931
Petite année
pour la comédie musicale, battue en brèche par les débuts
du cinéma parlant : les films à chansons sortent par dizaines...
Quinze oeuvres nouvelles (deux fois moins que les années
précédentes), avec trois oeuvres marquantes seulement :
"Encore
cinquante centimes", première et dernière collaboration
des deux fondateurs du genre, Maurice YVAIN et
Henri CHRISTINE, "Brummell"
de Reynaldo HAHN, et au rayon étranger "Nina
Rosa" de Sigmund ROMBERG. "Couss-couss"
de Georges Van PARYS et Philippe PARES n'a
qu'un succès d'estime.
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1932
L'attrait
de la nouveauté cinématographique commençant à se tasser,
les théâtres reprennent de la vigueur. Vingt nouvelles oeuvres
cette année, et surtout des succès comme aux plus beaux
jours de "Phi-Phi"
. Au premier rang, une oeuvre étrangère : "L'Auberge
du Cheval Blanc". Cette pièce mêle des qualités
certaines (un bon sens du spectacle total, une bonne intégration
de la musique dans l'action) et des défauts criants (une
certaine vulgarité mélodique, un pseudo-folklore qu'on pourrait
qualifier "d'opérette", des effets "à voix" pour ténors
vieillissants...). On est dans le droit fil de "Rose-Marie"
et autres "Nina
Rosa", et dans l'origine des lopézeries d'après
guerre. Dans un esprit encore plus pesant, c'est le triomphe
auprès des amateurs de bel-canto du "Pays
du sourire" de Franz LEHAR, malgré des
critiques assassines ("Madame Buterfly" de bazar
étant la plus aimable).
Mais la vraie comédie musicale est toujours là, grâce à
Raoul MORETTI qui enchaîne deux gros succès, un au
cinéma avec "Il
est charmant" et un au théâtre avec "Un
soir de réveillon" (qui se jouera pendant toute
l'année 1933) et grâce à Gaston GABAROCHE avec "Azor".
1932 voit aussi le plus gros succès de Victor ALIX,
"Mon
amant", celui de Henry VERDUN, "La
Pouponnière" et surtout la première de la série
des opérettes-revues marseillaises de Vincent SCOTTO
épaulé par Georges SELLERS, "Au
pays du soleil".
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1933
Le plus gros
succès de l'année est incontestablement "Oh
! Papa !" de Maurice YVAIN. On note aussi
le retour de Henri CHRISTINE à la scène avec "La
Madone du promenoir" où il s'efforce de moderniser
un peu son style. On note aussi un succès certain de
Reynaldo HAHN avec "O
mon bel inconnu" et de Vincent SCOTTO
avec "Trois
de la marine".
Mais la nouveauté principale de l'année, c'est l'irruption
dans la comédie musicale de nouveaux auteurs de chansons
qui vont donner naissance à tout une génération d'auteurs-compositeurs,
dont le premier sera Charles TRENET. On représente
en 1933 trois pièces dans ce genre : un succès incontestable,
"Dix-neuf
ans", de Pascal BASTIA (pour la première
fois sous son vrai nom), un demi-succès, "Loulou
et ses boys" de Michel EMER (qui avait
déjà collaboré à l'oeuvre précédente comme arrangeur), et
un échec, "A
la belle bergère", de MIREILLE. Au cours
des années suivantes, le genre ne perdurera pas sur scène
: il est plus adapté aux jeunes amateurs de chansons et
de disques qu'au public plus âgé des théâtres.
Enfin, signalons pour l'anecdote deux échecs assez nets,
malgré le bruit fait autour d'eux : "Katinka"
de Louis LAJTAI en février et "Deux
sous de fleurs" de Ralph BENATZKY en
octobre. Ces deux oeuvres ont été financées à grands frais
par Alexandre STAVISKY, qui se "suicidera" à la fin
de l'année. Elles ont été entourées d'une campagne publicitaire
sans précédent, de multiples éditions de disques, de partitions
luxueuses, d'un battage médiatique tapageur en particulier
autour de la vedette Rita GEORG, mais en vain.
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1934
est une année
agitée sur le plan politique, mais plutôt calme dans notre
domaine. Autour d'un triomphe, "Toi
c'est moi" de Moises SIMONS (déjà
célèbre compositeur cubain), les compositeurs traditionnels
produisent leur oeuvre annuelle : bon succès de Raoul
MORETTI avec "Les
Soeurs Hortensia" (d'après un livre de Henri
DUVERNOIS, également auteur de "Toi
c'est moi"),de Henri CHRISTINE et
Tiarko RICHEPIN avec "Au
temps des merveilleuses", de Joseph SZULC
avec "Mandrin".
Par contre, Maurice YVAIN échoue avec "La
Belle histoire" (pourtant écrite en collaboration
avec Henri-Georges CLOUZOT) et n'a qu'un demi-succès
avec "Vacances"
(pourtant écrite avec l'auteur de l'année, Henri DUVERNOIS).
Au chapitre des curiosités, on note la création d'une pièce
de Jacques DEVAL, "Marie
Galante" où figurent quelques chansons originales
de Kurt WEILL, sorti d'Allemagne en 1933 et en route
pour les Etats-Unis.
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1935
Seulement
deux succès cette année : le retour de Maurice YVAIN
avec "Au
soleil du Mexique" (dans le même esprit que
"Au
temps des Merveilleuses" l'année précédente),
et la revue annuelle de Vincent SCOTTO, "Un
de la Canebière" d'où émergent plusieurs "tubes"
increvables : "Cane Cane Canebière", "Un petit
cabanon", "Vous avez l'éclat de la rose", et
surtout "Le plus beau tango du monde", dont Tino
ROSSI enregistrera très rapidement une version fameuse
mais plus fade que l'original par Henri ALIBERT.
Derrière ces deux pièces, un demi-succès, "Coeurs
en rodage" de Casimir OBERFELD et beaucoup
d'échecs : "Les
Joies du Capitole" de Raoul MORETTI,
"Pour
ton bonheur", la dernière pièce de Marcel
LATTES (pourtant une très belle partition), "Le
Groom s'en chargera" de Pascal BASTIA
(de cette dernière pièce reste cependant un gros succès,
immortalisé ultérieurement en tant que chanson par Jean
SABLON : "Je tire ma révérence").
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1936
Un seul très
gros succès : "Ignace"
de Roger DUMAS, nouveau compositeur à Paris, mais
déjà connu à Marseille où la pièce a été créée l'année précédente.
Derrière ce triomphe, "Normandie",
première oeuvre théâtrale d'un compositeur déjà fameux pour
les airs qu'il compose pour Ray VENTURA : Paul MISRAKI.
En fin d'année, succès également pour "Yana",
seconde collaboration de Henri CHRISTINE et Tiarko
RICHEPIN. Plusieurs demi-succès (ou demi-échecs) pour
les compositeurs traditionnels : Gaston GABAROCHE
avec "Faites
ça pour moi", René MERCIER avec "Un
petit bout de femme", Henri CHRISTINE
avec "La
Poule", Raoul MORETTI avec "Simone
est comme ça". Ces deux dernières pièces montrent
bien l'évolution du genre après 1930 : ce sont des adaptations
de films antérieurs, dont la musique a été développée pour
la scène.
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1937
Aucun succès
marquant cette année, si ce n'est une oeuvre composite d'Oscar
STRAUS dont les 2/3 sont une compilation d'oeuvres des
autres STRAUSS, Johann père et fils : "Trois
valses". Mais le succès en est surtout dû au
livret astucieux de Léopold MARCHAND un peu dans
l'esprit de Sacha GUITRY, et à l'interprétation de
Pierre FRESNAY et Yvonne PRINTEMPS. Les seules
autre oeuvres restées dans les mémoires cette année-là sont
"Les
Gangsters du Château d'If" de Vincent SCOTTO
et dans une moindre mesure "Ma
petite amie", la première oeuvre de Georges
VAN PARYS sans Philippe PARES, sa dernière avant
la guerre.
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1938
Aucun succès
notable cette année, malgré la présence de Gaston GABAROCHE
dans sa dernière oeuvre, "J'hésite"
et de Joseph SZULC dans "Le
Coffre-fort vivant". L'oeuvre la plus remarquée
de l'année est une pièce d'origine allemande, "Rien
qu'un baiser", de Michel EISEMANN. Mais
on est loin des pièces de la grande époque 1929-1932 ! A
titre de curiosité, on note l'unique collaboration d'Arthur
HONEGGER et Jacques IBERT, "Les
Petites Cardinal". C'est une oeuvre ambitieuse
mais un peu trop savante, plus proche de la comédie lyrique
que de la comédie musicale.
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1939
1940
La guerre
approche, et l'heure n'est plus à la comédie musicale. Aucun
grand succès ne sort ces années-là, qui ne voit d'ailleurs
que six créations dont deux de Georges SELLERS, l'inépuisable
chef d'orchestre de Vincent SCOTTO, dans le droit
fil des oeuvres coréalisées avec ce dernier. La dernière
oeuvre représentée avant la guerre est symptomatiquement
une pièce allemande, "Leurs
majestés" de Hans LANG, qui n'a laissé
aucune trace dans les mémoires. A tous égards, on est loin
de "Phi-Phi"
vingt ans auparavant ! Par contre, "L'Amour
s'amuse" de Lucien PIPON, créée en mars à
Bruxelles et seulement en décembre à Paris, c'est à dire
après la fin de notre période de référence, est une pièce
très soignée et réussie qui ne mérite pas l'oubli où les
circonstances l'ont envoyée...
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