La base répertorie 466 pièces
représentées et/ou publiées en France entre 1918 et 1940.
Ce sont, selon la terminologie de l'époque, des
"comédies musicales" ou des "opérettes", mais jamais des comédies lyriques,
des opéras-bouffes ou des opéras comiques, qui appartiennent à un genre
musical plus classique. C'est pour cette raison que l'on ne trouvera pas ici
des oeuvres comme "Fragonard" de Gabriel PIERNÉ, "Beaumarchais"
d'Eugène COOLS d'après ROSSINI, ou "Frasquita" de
Franz LEHAR qui sont clairement des opéras-comiques malgré les mentions
figurant sur les partitions.
J'ai également éliminé les pièces en 1 acte,
d'ailleurs rarement éditées. La comédie musicale en un acte, très courante
avant la guerre de 1914 a pratiquement complètement disparu entre 1918 et
1940. A ma connaissance, pour s'en tenir aux compositeurs connus, il n'y a guère que deux ou trois pièces de
jeunesse de Georges Van PARYS en 1925-1926, une de Maurice YVAIN
et une de Raoul MORETTI en 1936 qui relèvent encore de cette
catégorie.
La base commence chronologiquement le 12
novembre 1918, lendemain de l'armistice, avec la création de "Phi-Phi"
de Henri CHRISTINÉ. Prévue initialement pour le 11, la première avait
été repoussée pour cause d'armistice. C'est une première dans tous les sens
du terme : première opérette créée après la guerre, première pièce éditée
par Francis Salabert, première vraie comédie musicale française...
En effet, pour la première fois on entend sur
une scène "lyrique" des rythmes de danse modernes inspirés du jazz et du
ragtime américains : fox-trot, shimmy, mais aussi tango, boston... Le
livret, quoique très amusant, est moins révolutionnaire que la musique,
puisqu'il s'agit d'une fantaisie sur Phidias, Périclès et Aspasie mélée
d'anachronismes dans le goût de "La Belle Hélène" de
Jacques OFFENBACH.
Le succès est phénoménal : "Phi-Phi"
se jouera à Paris 3 ans d'affilée, jusqu'à la première d'une seconde pièce
des mêmes auteurs : "Dédé".
Le succès de "Dédé"
est immédiatement presque aussi phénoménal que celui de "Phi-Phi",
et alors qu'en 1918 l'effet d'émulation avait été assez faible, on voit
immédiatement se développer derrière Henri CHRISTINÉ, à partir de
1922, une pépinière de nouveaux auteurs et compositeurs, presque tous sous
la férule de l'omniprésent Francis Salabert : Maurice YVAIN, Raoul
MORETTI, Joseph SZULC, Albert CHANTRIER..., puis entre
1927 et 1930 une seconde vague avec Georges Van PARYS, Gaston
GABAROCHE, Henry VERDUN, Marcel LATTÈS...
Dès la fin des années 20, le genre commence à
péricliter sous la double influence du cinéma parlant et des opérettes à
grand spectacle importée des Etats-Unis (Friml, puis Romberg), dans
lesquelles le livret et la musique sont devenus bien secondaires. Il
survivra quand même tout au long des années 30 à travers quelques
compositeurs
"résistants" comme Raoul MORETTI et Gaston GABAROCHE, mais dès
1935 le public n'est plus au rendez-vous, et l'incontournable Albert
WILLEMETZ enregistre, en tant qu'auteur et en tant que directeur de
théâtre, une série d'échecs sans précédent. La plupart des
compositeurs spécialisés cessent toute production après 1936.
Une présentation rapide des pièces les plus
importantes année par année est disponible dans la rubrique "Années".